Publier un site web chez un hébergeur gratuit est aujourd'hui tout à fait possible, et certaines offres n'imposent même aucune limite de bande passante. Chacune fixe pourtant sa propre contrepartie : une publicité affichée sur vos pages, un type de site imposé, un usage commercial interdit ou une mise en pause dès qu'un seuil est franchi.

Le mot « gratuit » recouvre donc des règles très différentes, qui ne se révèlent souvent qu'une fois le site en ligne. Comment savoir, avant de vous lancer, si l'offre choisie tiendra pour votre projet ou si elle vous obligera à tout déplacer quelques mois plus tard ?

Deux questions suffisent à trancher : votre site est-il statique ou dynamique, et sert-il un usage personnel ou commercial ?

En résumé

Vous pouvez héberger un site gratuitement et durablement, surtout s'il est statique : Cloudflare Pages, GitHub Pages ou Netlify suffisent pour un portfolio, un site personnel ou une documentation. Pour une vitrine professionnelle, privilégiez Cloudflare Pages ou Netlify après vérification de leurs conditions. Vercel Hobby est réservé à un usage personnel non commercial ; GitHub Pages interdit notamment d’y exploiter un commerce en ligne, une boutique ou un service logiciel commercial. Les créateurs de sites gratuits imposent leur publicité et leur adresse, et l'hébergement PHP gratuit convient mieux pour apprendre que pour un site qui doit rester en ligne. La seule dépense vraiment utile reste un nom de domaine à vous.

Comment fonctionne un hébergement de site

Un hébergement, c'est un ordinateur relié en permanence à Internet qui stocke les fichiers de votre site et les envoie à chaque personne qui tape son adresse. La façon dont ce serveur travaille dépend du type de site, et c'est ce point qui décide de presque tout dans le gratuit.

Un site statique se compose de fichiers prêts à l'emploi : pages HTML, feuilles de style, scripts et images. Le serveur se contente de les transmettre tels quels, ce qui lui coûte très peu, et c'est pourquoi les offres gratuites se montrent généreuses avec ce type de site. Un portfolio, un CV en ligne, une page de présentation ou une documentation entrent dans cette catégorie, même lorsque leurs pages sont générées par un outil à partir de simples fichiers texte.

Un site dynamique fait au contraire travailler le serveur à chaque visite : il exécute du code, souvent en PHP, et interroge une base de données pour fabriquer la page demandée. WordPress, une boutique en ligne ou un espace membre fonctionnent ainsi. Chaque visite consomme du calcul, si bien que les offres gratuites le rationnent beaucoup plus strictement.

Schéma d’un site dynamique : le visiteur demande une page, le serveur exécute le code PHP, interroge la base de données puis renvoie la page fabriquée, et tout recommence à chaque visite.
Illustration : Fiindt

Pour choisir votre hébergement, vérifiez ce que votre site doit faire. S’il affiche simplement des pages, des textes et des images, un hébergement statique suffit. S’il utilise WordPress installé chez votre hébergeur, il faut une offre compatible avec PHP et une base de données. Un simple formulaire de contact ne change pas forcément ce choix : un service externe peut recevoir les messages pour vous. Pour votre premier site, consultez notre comparatif entre site statique et WordPress.

Ce que proposent les offres gratuites, famille par famille

Les offres gratuites se rangent en quatre familles, selon le type de site qu'elles acceptent et la manière dont elles se rémunèrent. Le tableau suivant résume ce que chacune donne et ce qu'elle demande en échange.

FamilleExemplesCe qui est gratuitLa contrepartie principale
Plateformes pour sites statiquesCloudflare Pages, GitHub Pages, Netlify, VercelHébergement, HTTPS, connexion d’un domaine personnel acheté séparémentSites statiques ou fonctions légères, quotas mensuels, usage commercial parfois exclu
Créateurs de sitesWix, WordPress.comÉditeur visuel et hébergementPublicité de la plateforme, adresse en sous-domaine, pas de domaine personnel
Hébergement PHP gratuitInfinityFreeWordPress et PHP avec base de donnéesLimites de calcul strictes, suspensions de 24 heures, visites mensuelles exigées
Hébergeurs d'applicationsRenderServeur d'application et base de donnéesMise en veille, base de données temporaire

Les quotas détaillés ci-dessous sont ceux que publient les éditeurs en octobre 2026. Ils changent régulièrement : vérifiez la page officielle liée avant de vous décider.

Les plateformes pour sites statiques

Cloudflare Pages, GitHub Pages et Netlify permettent de publier les fichiers d’un site statique. Leurs offres gratuites conviennent notamment aux portfolios, aux sites personnels et aux documentations, mais leurs quotas et leurs conditions d’utilisation diffèrent.

Logos de Cloudflare Pages, GitHub Pages, Netlify et Vercel, les quatre plateformes gratuites pour sites statiques, chacun avec sa limite principale.
Illustration : Fiindt

Cloudflare Pages offre la marge la plus large, puisque son plan gratuit annonce une bande passante et des requêtes statiques illimitées. Les limites de l'offre gratuite portent surtout sur la fabrication du site, avec 500 générations par mois et 20 000 fichiers par site, ce qui reste confortable pour un site personnel ou une vitrine.

GitHub Pages publie un site directement depuis un dépôt GitHub, qui doit être public si vous utilisez un compte gratuit. Le site publié ne peut pas dépasser 1 Go, et une limite souple de 100 Go de bande passante par mois s'applique. Surtout, les règles d'usage de GitHub Pages excluent explicitement les sites d'entreprise en ligne, de commerce électronique ou de logiciel vendu en service : c'est un choix pour un portfolio, un projet personnel ou une documentation, pas pour vendre.

Netlify fonctionne avec des crédits. Son offre gratuite en accorde 300 par mois, et chaque action en consomme une partie : 15 crédits par mise en production, 20 par gigaoctet transféré et 2 par tranche de 10 000 requêtes. Vingt mises en production suffisent donc, à elles seules, à épuiser le quota du mois. Une fois la limite atteinte, le site reste en pause jusqu'au cycle suivant, et cette pause touche tous les projets du compte, pas seulement celui qui a dépassé. En contrepartie, aucune facture ne peut vous surprendre, car le plan gratuit ne dépasse jamais sa limite.

Par exemple, un site aux pages de 2 Mo qui reçoit 5 000 pages vues par mois transfère environ 10 Go, soit 200 crédits. Cinq mises en production dans le mois en coûtent 75 de plus. Le total atteint 275 crédits sur 300, avant même de compter les requêtes.

Vercel inclut chaque mois 100 Go de transfert de données dans son offre Hobby. Cette offre est réservée à un usage personnel et non commercial, et un dépassement oblige le plus souvent à attendre 30 jours avant de retrouver la fonction concernée.

Les créateurs de sites

Wix et WordPress.com permettent de construire un site sans écrire de code, hébergement compris. En échange, la publicité et l'adresse du site appartiennent à la plateforme.

Le plan gratuit de Wix donne 500 Mo de stockage et 1 Go de bande passante, avec une adresse du type nom.wixsite.com/site. Wix y affiche ses publicités, et brancher votre propre domaine demande de passer à une formule payante. Un point pèse encore plus lourd sur le long terme : un site Wix ne peut pas être hébergé ailleurs, car il repose sur la technologie de Wix. Le jour où vous partez, vous reconstruisez le site.

L'offre gratuite de WordPress.com fournit 1 Go de stockage et une adresse en .wordpress.com, avec des publicités montrées aux visiteurs. Elle ne permet ni domaine personnel ni installation d'extensions, qui ne s'ouvrent qu'avec une formule payante. Cette limite surprend souvent, parce que WordPress.com et WordPress se confondent facilement : le premier est un service hébergé, alors que le second est un logiciel libre qui s'installe chez l'hébergeur de votre choix.

L'hébergement PHP gratuit

InfinityFree fait partie des rares offres qui acceptent PHP et MySQL gratuitement, donc WordPress avec ses extensions. Elle annonce 5 Go d'espace disque, une bande passante illimitée, aucune publicité sur votre site et la possibilité d'utiliser votre propre domaine. La seule condition d'activité affichée est que le site reçoive quelques visites chaque mois.

La contrepartie se trouve dans les limites de calcul. Le forum d'assistance officiel d'InfinityFree explique que chaque compte dispose d'un quota quotidien de temps processeur, dont la valeur exacte reste secrète, et qu'un compte qui le dépasse est suspendu pendant 24 heures. Il précise aussi que la construction du site elle-même, avec l'installation d'extensions ou l'import de contenu, peut suffire à déclencher cette suspension.

Les hébergeurs d'applications

Render héberge gratuitement des sites statiques, mais aussi des applications avec serveur, écrites par exemple en Node.js ou en Python, et une base de données Postgres. Ses conditions gratuites sont franches, puisque l'éditeur lui-même déconseille ces instances pour un site en production.

Chez Render, un service web gratuit se met en veille après 15 minutes sans trafic entrant. À la visite suivante, son redémarrage prend environ une minute, pendant laquelle le visiteur voit une page de chargement. Pendant ce sommeil, Render répond à la place du site par un fichier robots.txt qui interdit l'exploration à tous les robots, y compris ceux des moteurs de recherche. La base de données gratuite expire quant à elle 30 jours après sa création, puis elle est supprimée avec ses données si vous ne passez pas à une formule payante dans les 14 jours qui suivent.

Schéma du cycle d’un service web gratuit chez Render : en ligne, endormi après 15 minutes sans trafic avec un robots.txt qui bloque les robots, puis réveillé en une minute environ.
Illustration : Fiindt

Quelle offre gratuite choisir selon votre projet

Côté vitesse, un site statique part avec un avantage, puisque le serveur envoie des fichiers déjà prêts. Un site dynamique sur une offre gratuite partage au contraire un calcul rationné, et un service Render endormi fait patienter environ une minute le premier visiteur.

Le tableau suivant croise les deux questions posées en introduction pour les projets les plus courants.

Votre projetOffre adaptéePoint à surveiller
Portfolio, CV, site personnelGitHub Pages, Cloudflare Pages, NetlifyQuotas de trafic et de déploiement à surveiller, même pour un site personnel
Vitrine statique d'une activité professionnelleCloudflare Pages ou NetlifyConditions d'utilisation à relire, domaine à brancher
Documentation, page de projet open sourceGitHub PagesSite publié sous 1 Go
Site sans code pour tester une idéeWix ou WordPress.comPublicité et adresse de la plateforme
Apprendre WordPress ou PHPInfinityFreeSuspensions de 24 heures, copies à faire vous-même
Démo d'application avec serveurRenderRéveil lent, base de données temporaire
Boutique en ligneAucune des offres présentées iciComptes, stock et paiements dépassent ce que permettent les offres gratuites

La différence entre GitHub Pages et les deux options proposées pour une vitrine professionnelle tient à l'usage commercial. Netlify et Cloudflare Pages ne présentent pas leur offre gratuite comme réservée aux projets personnels. Vercel Hobby impose au contraire un usage personnel non commercial, tandis que GitHub Pages exclut notamment l’exploitation d’un commerce en ligne, d’une boutique ou d’un service logiciel commercial. Avant de publier le site d’une entreprise, vérifiez les conditions de l’offre retenue.

Ces plateformes supposent toutefois que vous disposiez des fichiers du site. Si vous ne savez pas les produire et ne voulez pas l'apprendre, les créateurs de sites restent la seule voie gratuite sans code, avec leurs publicités et leur adresse imposée. Ils conviennent alors pour tester une idée ou montrer une maquette, et beaucoup moins pour représenter durablement une activité.

Produire les fichiers du site

Pour un premier site, un modèle HTML gratuit que vous modifiez suffit à produire les fichiers du site. Un générateur de site statique peut aussi transformer de simples fichiers texte en pages, sans que vous écriviez tout le code vous-même.

Quant à la boutique en ligne, elle cumule ce que les offres gratuites rationnent ou excluent : un usage commercial, souvent du code exécuté à chaque visite, une base de données et des paiements. Un petit catalogue statique peut vendre en confiant le paiement à un service spécialisé. our une boutique avec comptes clients et gestion du stock, mieux vaut prévoir une offre adaptée au commerce, avec des ressources suffisantes, des sauvegardes et une assistance. L’hébergement gratuit peut servir à tester le projet, mais ses limites deviennent plus gênantes dès que les ventes en dépendent.

Le nom de domaine, la seule dépense qui change tout

Même gratuit, un hébergement vous laisse souvent l'adresse de la plateforme. Wix et WordPress.com réservent le domaine personnel à leurs formules payantes, alors que les plateformes statiques, InfinityFree et Render acceptent un domaine acheté ailleurs sans rien facturer de plus.

Cette adresse compte davantage qu'il n'y paraît, car elle conditionne votre liberté de partir. Lorsqu'un site change d'adresse, Google recommande de rediriger chaque ancienne URL vers la nouvelle par une redirection permanente côté serveur, de conserver ces redirections au moins un an et de s'attendre à des fluctuations de classement pendant la transition. Avec une adresse qui appartient à la plateforme, vous dépendez d'elle pour mettre en place ces redirections. Avec votre propre domaine, vous changez d’hébergeur sans changer d’adresse, à condition de conserver aussi les adresses de vos pages. Il reste à vérifier que le site fonctionne sur le nouvel hébergement et que les visiteurs comme les moteurs de recherche peuvent y accéder.

Un nom de domaine se paie chaque année, et son prix dépend de l'extension choisie et du registraire. Chez OVHcloud, par exemple, la page des tarifs affiche le prix de chaque extension. Comparez le prix de la première année et celui du renouvellement : une promotion à l’achat ne garantit pas un domaine bon marché sur la durée. Le tarif peut aussi évoluer d’une année à l’autre. Certains registraires ajoutent même un petit hébergement : OVHcloud inclut par exemple 100 Mo d'espace et une adresse e-mail avec chaque domaine acheté chez lui, de quoi publier une page légère, mais pas un site sous WordPress.

Les précautions à prendre avant de publier sur une offre gratuite

Beaucoup de sites gratuits disparaissent de la même façon : montés en un week-end, laissés de côté quelques semaines, puis retrouvés suspendus, sans aucune copie pour les remettre en ligne. Les étapes suivantes évitent ce scénario et vous laissent libre de changer d'offre le jour où votre projet grandit.

  1. Déterminez si votre site est statique ou dynamique avant de choisir l'offre, car ce seul critère écarte déjà plusieurs familles d'offres.
  2. Lisez la clause d'usage commercial si le site sert une activité, même modeste.
  3. Branchez votre propre domaine dès la mise en ligne, quand l'offre le permet, pour ne jamais avoir à changer d'adresse.
  4. Conservez une copie complète du site hors de l'hébergeur, dans un dépôt de code ou par un export régulier de la base de données, puisque les offres gratuites ne garantissent pas de sauvegarde.
  5. Repérez ce qui se passe quand une limite est atteinte, pause, suspension ou attente, et consultez le tableau de consommation chaque mois.
  6. Pour un site en PHP, construisez et testez le site sur votre ordinateur avec un serveur local avant de l'envoyer, afin que l'installation ne consomme pas votre quota de calcul.

Le gratuit tient quand l'offre et le site vont dans le même sens

À retenir

Héberger gratuitement n'a rien d'un pis-aller lorsque le site est statique et personnel, puisque c'est précisément le cas pour lequel les offres gratuites ont été pensées. Les mauvaises surprises naissent presque toujours d'un décalage entre ce que le site demande et ce que l'offre accepte, comme un WordPress sur un quota de calcul secret ou une vitrine commerciale sur une offre réservée au personnel. Le véritable actif reste l'adresse, qui vous appartient ou non, et qui décide si votre site pourra un jour changer de maison sans repartir de zéro.